Le type de sport ça compte : perception de la douleur chez les sportifs d’endurance versus les sportifs de force

Nous sommes bien évidement au courant que ne percevons pas tous la douleur de la même manière. Si nous attribuons bien souvent cela à un vécu différent, il semblerait que notre histoire sportive ait également une bonne part de responsabilité dans ces différences inter-individuelles. 

En 2018, une équipe de chercheurs israéliens s’est penchée sur la relation entre la perception de la douleur et le type de sport pratiqué. 19 triathlètes, 17 haltérophiles et lanceurs ainsi qu’un groupe contrôle de 17 non-athlètes ont été soumis à des tests. Parmi ceux-ci, le seuil et la tolérance face à la douleur thermique, l’évaluation de la douleur en présence d’une pression froide, la sommation temporale de la douleur ainsi que la modulation conditionnée de la douleur ont été évalués. La peur de la douleur ainsi que la catastrophisation face à elle ont également fait l’œuvre d’une analyse.

Il se trouve que les athlètes, peut importe le type de sport, évaluaient la douleur comme étant moins importantes que les non-athlètes pour un stimulus de même intensité. Les sportifs de force présenteraient un seuil de déclenchement de la douleur plus élevé que les sportifs d’endurance. Mais ces derniers possèdent une meilleure capacité à endurer la douleur que leurs collègues. Les triathlètes semblent en outre avoir moins peur de la douleur que les deux autres groupes.

Cette hypoalgésie pourrait avoir une incidence sur le choix du sport pour le sportif ou être le produit de cette pratique sportive. Bien que cette dernière hypothèse soit la plus probable à la vue des études menées sur le sujet.

Il est intéressant de noter que le type de sport a donc une influence sur notre perception et notre capacité à gérer la douleur. Faire pratiquer une activité physique dans une optique de gestion de la douleur chez des patients (hyper)algiques est une stratégie efficace pour éviter la catastrophisation et le type d’activité recommandée devrait donc être pris en compte. Les sports d’endurance seraient plus adéquats chez les patients pour lesquels la capacité à moduler la douleur est réduite tandis que les sports de force seraient plus adaptés pour les patients souffrant d’hypersensitivité à la douleur. Gardons aussi à cela à l’esprit lorsque ces athlètes se retrouverons en réhabilitation après une blessure.

Assa, T., Geva, N., Zarkh, Y. & Defrin, R. (2018). The type of sport matters: pain perception of endurance athletes versus strength athletes. European Journal of Pain, 1–11. doi: 10.1002/ejp.1335.

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