Cap sur la Force Basque

Début du mois de juillet, Vincent et moi avons fait notre sac à dos, pris un bus en direction du sud et sommes arrivés au Pays Basque après un trajet inconfortable de 16h ! Ce petit voyage a été l’occasion pour nous de découvrir un sport méconnu dans nos contrées : la Force Basque !

Je vais donc profiter des quelques lignes qui suivent pour te raconter cette singulière aventure.

La genèse d’une aventure

Durant le courant du mois de mars, je reçois un appel de Vincent, ami et partenaire d’entraînement, qui me dit qu’il a une idée. Il vient de regarder le documentaire YouTube Levantadores de Rogue Fitness qui décrit le folklore basque du levage de pierre. Il souhaite découvrir cette culture et me propose de l’accompagner. Ayant également vu le-dit documentaire, je n’ai pas pu refuser ! De là, il a écumé Internet à la recherche d’un club de Force Basque et est tombé sur une série d’évènements, se déroulant à Espelette durant l’été, organisé par le Ñapurrak. Il échange quelques mots avec Gabi, l’ancien président de l’association, et nous convenons d’un accord : nous venons masser à la Course des Crètes les 6 et 7 juillet et il nous fera découvrir la Force Basque ! L’affaire étant entendue, il ne nous restait qu’à libérer nos agendas et à acheter un billet pour s’y rendre !

En attendant, nous faisons quelques recherches. J’ai déjà entendu parler d’Espelette : je sais, grâce à un certain Philippe Etchebest, qu’on y fait du piment et… C’est à peu près tout. Nous entamons, comme de bons sportifs que nous sommes, des prospections sur les évènements présentés en Force Basque : tir à la corde, levé de charrette, marche du fermier, tiré de ballot, levé de pierres et encore bien d’autres ! Nous étions déjà sous le charme et n’attendions que d’y déposer nos valises.

Un accueil chaleureux

N’ayant pas trouvé de billets d’avion dans notre budget, nous avons opté pour le voyage en car… Et je ne vais pas vous mentir, nous avons subi l’aller ! Outre les chauffeurs sympathiques comme des pneus, la chaleur et l’humidité produites par les 75 humains présents dans le véhicule rendant l’atmosphère moite, puante et presque orageuse. Cela aura duré 16 heures, 16 longues heures. Nous sommes arrivés à Bayonne, déshydratés, transpirant et à la fraîcheur douteuse mais vivants. Et c’est là l’essentiel ! La première chose qui nous étonne, nous petits belges, c’est la propreté de la ville et la seconde, la plus importante après 16h d’autocar, la gratuité des toilettes alors qu’elles sont nettoyées et entretenues ! Après un brin de toilette et un délestage express, nous traversons Bayonne en direction de sa gare et en profitons pour prévenir Gabi que nous sommes arrivés.

Sa femme, Dominica, est venue nous chercher et la gentillesse dont elle a fait preuve à notre égard, nous deux, jeunes inconnus à l’allure rustre et peu fringante nous a surpris. Nous profitons alors du trajet pour tailler le bout de gras tout en observant les somptueux paysages ainsi que les plantations de piments qui s’étendent à perte de vue.

Au bout de quelques minutes, nous arrivons à Espelette. Nous sommes impatients de rencontrer Gabi ! Malheureusement, Dominica nous signale qu’il balise le parcours de la course à la montagne et que nous le verrons plus tard. Nous désespérons de le rencontrer mais n’avons pas le temps de nous appesantir là-dessus : il nous faut découvrir le lieu où nous allons loger pour les 4 prochains jours ! L’accueil que nous avons reçu à l’hôtel Euzkadi fut singulier : les deux kinés belges étaient attendus. Nous avons été accueillis comme des célébrités. Tout le monde voulait se faire masser par nos soins, mais pour ne pas se faire piéger, nous nous éclipsons afin de découvrir notre chambre et les environs. Le soir venu nous partageons le repas avec d’autres bénévoles et volontaires et faisons connaissance avec des représentants de la marque ERREA (vêtements de sport) : Jacky et Eric. Le repas fut une occasion de goûter l’axoa de veau et autres succulents mets basques. Et en bons belges, il était temps de soutenir les Diables Rouges qui affrontaient le Brésil.

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L’axoa de veau : un met succulent !

Après avoir profité du début de notre soirée, nous rejoignons les kinés avec qui nous allions passer une bonne partie de la soirée et de l’après-midi du lendemain. Nous faisons la connaissance de Phillipe, Maïtena, Cholé, Nina et d’autres dont nous avons malheureusement oubliés les noms. Nous partageons même un verre, et peut-être un deuxième, avant de nous mettre à masser. À voir la tête des coureurs, le trail nocturne a été difficile, très difficile pour certains. Nous tâchons de soulager ces pauvres diables après l’effort colossal qu’ils ont effectués.

La nuit ne fut pas très longue et la journée promettait d’être longue. Les départs des différentes courses se donnèrent entre midi et 14h et vers 15h30, les premiers participants commencèrent à terminer. Dans la foulée, ils en ont profité pour se faire masser par nos soins. Cela ne s’est pas arrêté avant 19h30. Et en jeunes étudiants que nous sommes, nous étions partis pour masser les 3000 participants s’il le fallait. Mais heureusement pour nous, c’était sans compter sur les vétérans qui nous ont fait remarquer qu’il y avait mieux à faire : profiter du méga-repas de clôture ! Ce à quoi nous assistons alors restera gravé dans nos mémoires : pas loin de 400 serveurs en habits traditionnels basques défilaient avant de prendre leur service. Et ils n’étaient pas de trop pour les 5000 couverts attendus ! 4 services, vin à volonté : autant dire que l’on n’était pas loin du synopsis de La Grande Bouffe. La soirée s’est poursuivie dans la joie et l’amusement et s’il y bien une chose que l’on peut dire des basques : c’est qu’ils savent faire la fête ! Nous n’avons cependant pas traîné jusqu’aux petites heures du matin car le programme du lendemain promettait du très lourd !

Les belges n’en mènent pas large

Nous nous levons à notre aise et avons même l’occasion dire au revoir aux représentants d’ERREA ! Nous commençons à nous interroger sur nos capacités à encaisser ce que nous réserve les épreuves de l’après-midi et souhaitons pouvoir battre les athlètes locaux sur au moins un des événements. Après un énième tour à la piscine et un repas sur le pouce, il est temps pour nous de nous mettre en route pour le fronton (terrain de jeu de pelote) où se déroulera la démonstration. Une fois arrivé, une chose nous saute aux yeux : la foule est présente en nombre afin d’assister au spectacle. La pression monte ! Nous aidons les Hommes Forts présents à terminer le montage et grappillons quelques conseils à droite et à gauche. Nous souhaitons pouvoir exprimer notre talent de la meilleure des manières !

C’est à ce moment-là que Gabi rentre en scène pour lancer le spectacle. Il donne quelques explications sur la Force Basque. Les jeux traditionnels du pays Basque sont issus d’activités liées à la vie de la ferme et des travaux agricoles. Ils permettaient aux fermiers de tester leur force et leur endurance. C’est ainsi que naquît la Force Basque ou Herri kirolak (en basque).

Nous commençons par tester la résistance de notre poigne en prenant part à Untziketariak. Le but ici est de parcourir la plus longue distance avec un bidon de 41kg dans chaque main. Alors que Marc, le premier athlète du Ñappurak prend le départ, Gabi explique que l’origine de cette épreuve remonte à la construction des églises modernes. Les ouvriers se défiaient en voyant qui porteraient les cloches le plus loin. Alors que l’explication se poursuit, l’athlète arrive à un total de 7 allers-retours d’environ 65-70 mètres chacun. La barre est déjà placée très haut ! c’est à mon tour de prendre le départ et après les avoir décollés du sol, je savais que je ne pourrais jamais en faire 7. Mais il fallait tout donner et après quelques minutes qui ont semblé durer une éternité, je suis arrivé au bout de ce que me permettait ma poigne : 3 allers-retours et 1 aller. Alors que je récupère doucement le contrôle de mes doigts, Vincent prend le départ et va même un peu loin que moi. Je suis battu pour 3 pas ! Mais même à nous deux, nous n’étions pas capables d’atteindre la distance parcourue au préalable par le sportif local…

 

Après une première défaite des belges face aux basques, il était temps de passer à la seconde épreuve : Sega ou le sciage de tronc par deux. Cette épreuve était l’occasion pour les bûcherons de savoir qui était le plus rapide. Les locaux, Yves et Arthur, ouvrent les hostilités et grâce à une petite erreur de leur part, nous offre une opportunité d’égaliser. Nous commençons à scier et malheureusement, l’inexpérience de Vincent avec une scie ne nous permet pas de remonter au score mais ce n’est pas grave, la tranche de rire que cela nous a valu en valait la peine.

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L’épreuve suivante fut une démonstration de force brute ! Pour Orga Joko nous devions soulever une charrette de 360kg et la faire tourner sur son pivot afin d’effectuer le plus grand nombre de tour. La provenance de cette épreuve vient simplement du fait qu’avant l’apparition des tracteurs, il fallait bouger les charrettes embourbées dans les champs à la force de son corps et les fermiers en profitaient pour tester leur force. C’est alors au tour des indigènes de nous montrer de quoi ils sont capables ! Et alors qu’au dire de Gabi, Marc n’est pas entraîné, il accomplit 4 tours ! 4 tours ! À ce stade-là, si j’arrive à la décoller du sol je serai un homme heureux ! Et j’y suis arrivé (non sans mal) ! Mais alors que je commence à entamer la rotation autour du pivot, mes oreilles se bouchent, je vois rouge et mes tympans semblaient prêts à éclater. J’arrive au bout du 1er tour et m’arrête. Il nous reste encore 4 épreuves après celle-ci, je préfère en garder sous le capot. C’est maintenant au tour de Vincent qui lui accompli un effort phénoménal pour arriver à 1 tour et demi. Les belges sont à nouveau mis en déroute…

La quatrième épreuve fut pour nous l’occasion de nous débrouiller un peu plus. Le lever d’enclume ou Ingude Altxatzea était un défi que se lançait les forgerons, il consiste à mettre le plus de fois possible une enclume de 18kg au-dessus de la tête en 1 minute en touchant une plaque de métal à l‘aide de l’enclume. Le rythme donné par l’Yves était impressionnant : 61 répétitions en 60 secondes. Vincent fut le second à tenter l’expérience et s’en est plus que sorti avec les honneurs : 47 répétitions dont 1 invalidée car n’ayant pas touché la plaque de métal du bas. J’ai la pression : il m’a déjà battu sur deux épreuves ! Je ne pouvais donc pas le laisser gagner. Je commence et au bout de la troisième répétition, l’enclume rebondit sur la plaque du dessus et me revient sur le front mais pas le temps de s’arrêter. Je continue jusqu’au signal de Gabi me disant de m’arrêter, tout en ne sachant pas combien de répétitions j’ai effectué. Le décompte tombe : 49 dont deux invalidés. Je l’emporte face à mon compatriote mais nous nous inclinons à nouveaux devant les Basques ! Et dire que cela m’aura valu un œuf sur le crâne…

 

Le 5ème round fut le plus spectaculaire à regarder ! Iasto Altxatzea ou le lever de ballot de paille consiste à monter un ballot de paille au sommet d’une structure de 6 à 8 mètres le plus de fois possible en 2 minutes en tirant sur une corde. Les fermiers utilisaient déjà cette technique pour stocker le foin et la paille dans leurs greniers. Leur athlète, Arthur, s’élance et alors que le ballot atteint le sommet de la structure, il laisse alors la corde lui glisser entre les mains avant de reprendre prise. Il s’élance alors dans les airs et monte jusqu’à 3 mètres ! Il se sert alors de la hauteur et de la vitesse qu’il a acquises pour renvoyer le ballot quasiment jusqu’au sommet ! Cela paraissait d’une aisance déconcertante ! Il enchaîne l’opération 8 fois et ne semble pas faiblir mais s’arrête néanmoins. Vincent prend sa suite et adopte la même technique sans faire preuve de la même efficience. Il effectuera 2 répétitions avant que sa force de préhension ne sombre dans les abysses de la fatigue… Si je veux passer devant lui, il me suffit de ne pas y aller trop fort au début, stratégie que j’applique. J’arrive à en faire 4. Mes avant-bras brûlent et malgré le fait que je portais des gants, je finis avec deux doigts brûlés. Cela rend la performance du Basque encore plus impressionnante car lui n’en portait pas et puis, nous n’avons toujours pas pu nous approcher ne serait-ce qu’un peu de ces basques… Et il ne restait que deux épreuves !

 

L’avant dernière épreuve présentée ce jour-là était Zaku Lasterketa : la course au sac. Il faut être le plus rapide sur un tracé de 120m en portant un sac de maïs -ou de blé- de 80kg. Le fronton où se déroulait la démonstration n’étant pas aussi long, la course a été raccourcie à une bonne cinquantaine de mètres. Comme d’accoutumée, c’est aux basques d’ouvrir la danse ! Et il s’agit de Yves, le même athlète que pour le lever d’enclume et on peut dire qu’avec 80kg sur le dos, il est rapide ! Il arrive au bout de la course en 8 secondes et des rawettes. Vincent prend alors le départ et termine en 11 secondes. C’est un peu plus lent mais compte tenu du fait que nous n’avons jamais fait ça auparavant, ce n’est pas du tout mauvais. Quant à moi, les quelques mois passés à m’entraîner en athlétisme me sont utiles et j’arrive à terminer en 9 secondes et quelques centièmes. Toujours derrière les aborigènes, nous nous résignons : nous n’étions pas préparés à cela !

 

La dernière épreuve que nous avons pu tester ne se déroula pas comme prévu. Harri Jasotze ou lever de pierre demandait qu’on lève une pierre sphérique taillée de 100kg. Ayant déjà pu expérimenter le lever sur des Atlas Stone, nous prenons l’épreuve pour acquise ! Et au moment d’essayer, c’est la désillusion : le fait qu’elle soit taillée et non en béton rend l’action bien plus difficile. La fatigue et le manque de technique ont eu raison de nous. J’ai même réussi à faire rouler la pierre sur mon majeur. Je ne sais plus bouger le doigt : c’est fini pour moi. Mais Vincent réessaye avec les conseils d’un coach de levage de pierre et à force de persévérance y parvient ! C’est une victoire pour lui car ce maudit caillou était foutrement glissant !

 

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Vincent triomphant du lever de pierre !

Il ne faut pas non plus oublier que durant tout le spectacle, un leveur de pierre a ponctué la démonstration par des levages plus impressionnants les uns que les autres. Il a même tenté de battre un record personnel en tentant de soulever 6 fois une pierre de 175kg en 3 minutes. La tâche à réaliser est aussi impressionnante que colossale ! Malheureusement, la dernière répétition n’est pas passée et seule 5 ont été validées par les juges. Car oui, dans ce sport, lorsque l’on tente de battre un record personnel, des juges officiels viennent s’assurer qu’il est réalisé dans les règles de l’art. L’athlète peut même faire l’objet d’un contrôle anti-dopage ! On ne rigole pas avec Harri Jasotze ! Une des raisons pour lesquelles cette épreuve est si importante dans beaucoup de culture est que dans le temps nous n’avions aucun poids standardisé. Or, il fallait être capable de déterminer si un jeune homme était assez fort pour supporter les labeurs d’un travail physique intense. Il devait pour cela être considéré comme un homme et soulever la pierre la plus grosse du village. Si cette tradition s’est peu à peu perdue avec l’arrivée de l’industrialisation et de la machinerie, certaines personnes continuent de lui donner vie, pour le plus impressionnant des spectacles !

Le bilan final est sans appel : Basques 7 – Belges 0. Mais même si nous n’avons pas gagné, nous avons tout donné et tenté d’offrir à la foule et à Gabi un spectacle des plus divertissants. D’après lui, ainsi que ses athlètes, nous nous sommes plus que bien débrouillés. C’est la meilleure des gratifications que nous pouvions recevoir de la part de ces hommes forts. Il est temps de tout ranger et d’aller boire un verre en compagnie de ces forces de la nature !

Nous terminons la journée autour d’un verre avant de nous rendre compte qu’aucun d’eux n’est aussi fatigué que nous : chaque athlète a son épreuve de prédilection et n’en enchaîne donc jamais autant. Mais nous devions bien tout tester !

À l’assaut du Mondarrain

Le lendemain matin, le dernier jour que nous passions sur place, nous partions pour la montagne. S’il y a bien une chose pour laquelle cette escapade ne nous aura pas déçue, c’est bien pour la vue offerte tout au long de la promenade. Presque arrivés au sommet, nous en avons profité pour déserter le 4×4 quelques instants afin de nous balader. Les moutons, chevaux et même les vaches erraient librement et ajoutaient un cachet sauvage à toute cette peinture. Malheureusement, la matinée commençait à toucher à sa fin et il était temps pour nous de rejoindre la compagnie de Gabi. La descente ne nous aura pas laissé en reste non plus. Nous avons même décidé que si nous revenions, nous prendrions plus de temps pour explorer la montagne.

 

Quelques instants plus tard, nous retrouvions Gabi chez lui alors qu’il nous expliquait la suite du programme : nous allions franchir la franchir la frontière pour aller dîner à Zugarramrdi, un magnifique village du pays basque espagnol. Le repas fut une énième occasion de bien manger ! Nous passions nos derniers instants en compagnie de Dominica et de Gabi et une impression nous vint en tête : nous avons été accueillis comme des membres de leur famille. Nous ne pourrons jamais les remercier assez pour le week-end de folie que nous avons vécu ! Nous disons au revoir à Gabi et repartons avec Dominica en direction de Biarritz, où nous reprendrons le car pour rentrer en Belgique.

Nous rejoignons donc la gare, la tête remplie d’histoire à raconter. Nous finissons par prendre le car le cœur lourd… Nous serions bien restés mais ce n’était pas possible. Il nous faudra revenir ! Et puis, nous aussi nous voudrions passer plus de temps à soulever de gros cailloux.

Le trajet a été l’occasion de digérer un peu ce que nous avions vécu. La course des Crêtes a été l’occasion d’entraîner nos aptitudes d’étudiants en kiné et de faire connaissance avec de nombreux volontaires mais nous n’étions pas spécifiquement venus pour ça ! C’était Herri kirolak qui nous intéressait. En Belgique, Vincent et moi nous faisons remarquer parmi beaucoup de nos amis et connaissances pour notre force physique. Il nous arrive même parfois de penser que nous sommes forts. Or quand nous avons pu pratiquer toutes ces épreuves avec des athlètes, nous nous sommes rendu compte que nous n’étions pas si costauds que ça… Être fort avec une barre et des haltères, c’est facile et donné à tout le monde mais être fort avec des objets du quotidien, c’est là que réside la vraie force ! Et dire que nos ancêtres n’avaient pas accès à des salles de sport, ils se forgeaient un corps fort et résistant à force de travail. S’ils étaient faibles, ils ne pouvaient pas travailler : être fort était donc directement lié aux capacités de survie. Or, de nos jours, ce n’est plus le cas et il est triste de constater que l’intérêt pour la force basque (et les autres sports de force) disparaît peu à peu. Pourtant, nos ancêtres ont pu survivre et œuvrer pour qu’un jour nous puissions venir au monde. Le plus grand honneur que nous pouvons leur rendre est d’honorer leur labeur en prenant part à ces épreuves !

Cette différence peut simplement s’expliquer par l’entraînement hautement spécifique que nous pratiquons. Nous souhaitons devenir plus fort sur le Deadlift, Bench Press, Squat, Snatch et Clean and Jerk alors nous nous entraînons avec ces mouvements. C’est ce qu’on appelle le principe de SPÉCIFICITÉ ! Nous sommes ‘’forts’’ mais sur ces mouvements en particulier car nous travaillons la technique en premier lieu ainsi que la force nécessaire à ces mouvements. Tandis que nos amis du Sud préfèrent utiliser des objets du quotidien ou singuliers pour construire leur force. Ils sont alors forts pour réaliser toutes sortes de tâches et pas seulement quelques-unes. Prenons un exemple ! Si tu es capable de soulever une pierre, un sac de ciment ou un fût de 80kg et de la mettre au-dessus de ta tête (tu construis ta force générale), lorsque tu tenteras de le faire avec une barre ce sera beaucoup plus facile. La force est générale et peut donc être ‘’exportée’’ pour une tâche plus spécifique. Herri kirolak étant un sport comme un autre : il ne déroge pas à la règle et requiert de la technique et de la force. Les athlètes de Gabi, possédants ces deux qualités grâce à de nombreuses années de pratique, performent efficacement lors de démonstrations ou de compétitions. Nous découvrions la technique et ne pouvions donc pas compter sur notre expérience. C’est à ce moment-là que notre capacité à déplacer des charges importantes fait la différence et si nous avons pu nous en sortir, c’est grâce à cela ! C’est la toute la richesse de ce sport et c’est pour cela que vous devriez incorporer plus de travail général avec des sacs de sables, enclumes, ballots de paille et tout ce qui est lourd et pouvant être déplacé. En plus de conditionner le corps, c’est bien plus amusant qu’un entraînement traditionnel dans une salle de sport !

Si cette lecture suscite en vous l’envie d’assister à ce singulier spectacle, Gabi et le Ñappurak organisent ces démonstrations chaque mercredi du mois de juillet et d’août au fronton à Espelette !

Quant à nous, cette aventure nous a donné l’envie de partir découvrir d’autres cultures dans lesquelles la force a une place prépondérante. Notre prochain voyage pourrait nous mener en Ecosse, berceau des Highland Games ou encore en Islande, pays des pierres. Qui sait !

Thibault Bacq et Vincent Di Liberto


Un tout grand merci à Gabi et à Dominica sans qui ce week-end formidable n’aurait jamais pu être possible !

Merci également aux athlètes du Ñapurrak pour leur accueil et leur conseils avisés.

Merci aux kinés et étudiantes kinés avec qui nous avons bien rigolé !

Et un grand merci à Jean-Marc GRACIA pour les photos ! (Jean-Marc.gracia@wanadoo.fr)



Le site du Ñapurrak : https://www.force-basque-traditions.com/

Le documentaire réalisé par Rogue Fitness : https://youtu.be/vck32S27RmM

 

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